L'essentiel : un contrat Solocal (ex PagesJaunes) se résilie par lettre recommandée avec accusé de réception, en respectant le préavis inscrit au contrat, très souvent quatre mois avant la date anniversaire. Sans ce courrier dans les délais, la tacite reconduction repart pour douze ou vingt-quatre mois. Et avant d'envoyer quoi que ce soit, vérifiez qui détient votre nom de domaine : c'est là que la plupart des entreprises perdent leur adresse e-mail professionnelle.
On voit passer ce cas plusieurs fois par an. Un artisan décide d'arrêter, il envoie sa lettre, tout se passe bien. Trois mois plus tard son site est coupé, son adresse contact@son-entreprise.fr ne reçoit plus rien, et personne ne l'avait prévenu. La résiliation elle-même n'a rien de compliqué. Ce qui coûte cher, c'est ce qu'on oublie de récupérer avant de partir.
Au sommaire :
- Ce que contient réellement votre contrat
- La procédure de résiliation, étape par étape
- Le modèle de lettre à envoyer
- Le piège du nom de domaine et des e-mails
- Comment savoir qui possède votre domaine
- La checklist de ce qu'il faut récupérer
- Ce que coûte la reprise en main
- FAQ
Ce que contient réellement votre contrat
Avant de parler de lettre, sortez le contrat. Les conditions varient selon l'offre souscrite et l'année de signature, donc tout ce qui suit est à vérifier sur votre exemplaire, pas à prendre pour argent comptant.
Trois clauses décident de tout :
- La durée d'engagement. Le plus souvent douze ou vingt-quatre mois. Elle court à partir de la date de mise en ligne, pas de la date de signature, ce qui décale parfois de plusieurs semaines la date que vous aviez en tête.
- La tacite reconduction. À l'échéance, le contrat repart automatiquement pour une nouvelle période complète si vous n'avez rien fait. C'est la clause qui piège le plus de monde.
- Le préavis. C'est le délai entre la réception de votre lettre et la fin effective du contrat. Il est généralement de quatre mois avant la date anniversaire, nettement plus long que les préavis d'un ou deux mois auxquels on est habitué.
Concrètement : si votre contrat arrive à échéance le 1er octobre et que le préavis est de quatre mois, votre courrier doit être arrivé avant le 1er juin. Le 15 juin, il est trop tard, vous repartez pour un tour complet.
| Ce qu'il faut trouver | Où le chercher | Pourquoi c'est décisif |
|---|---|---|
| Date de départ du contrat | Conditions particulières, première facture | Détermine la date anniversaire |
| Durée d'engagement | Conditions particulières | 12 ou 24 mois selon l'offre |
| Durée du préavis | Conditions générales, article résiliation | Fixe votre date limite d'envoi |
| Liste des prestations | Bon de commande | Certaines se résilient séparément |
| Titulaire du nom de domaine | Bon de commande, ou registre public | Décide si vous gardez vos e-mails |
Si vous ne retrouvez pas le contrat, demandez-le par écrit au service client. Vous y avez droit, et la demande écrite laisse une trace utile si le dossier se tend.
La procédure de résiliation, étape par étape
1. Calculez votre date limite
Date anniversaire, moins la durée du préavis. Posez-la sur un calendrier et reculez encore d'une semaine pour absorber les délais postaux. Un recommandé déposé le vendredi n'est pas distribué le lendemain.
2. Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception
C'est le seul mode d'envoi qui vous donne une preuve de date. Un appel au service client ne vaut rien en cas de litige, un e-mail non plus dans la plupart des cas. Le recommandé en ligne fonctionne et coûte moins cher qu'au guichet.
3. Gardez tout
Copie de la lettre, preuve de dépôt, accusé de réception signé. Conservez l'ensemble au moins jusqu'à la fin effective du contrat, et vérifiez sur vos relevés bancaires que les prélèvements s'arrêtent bien à la date prévue.
4. Vérifiez la confirmation
Vous devez recevoir une confirmation écrite. Si rien n'arrive sous trois semaines, relancez par écrit en rappelant la date de réception de votre premier courrier.
Un mot sur les litiges. Si vous estimez avoir été démarché de façon abusive, si les prestations facturées ne correspondent pas à ce qui a été vendu, ou si vous cherchez à sortir avant le terme, ne restez pas seul avec le sujet : des avocats sont spécialisés sur ces contrats, et un premier avis coûte moins cher que deux ans d'abonnement. Cet article décrit une marche à suivre, il ne remplace pas un conseil juridique sur votre dossier.
Le modèle de lettre à envoyer
À adapter avec vos références. Restez factuel et ne développez pas vos griefs dans ce courrier : son seul rôle est de faire courir la résiliation à une date prouvable.
[Raison sociale]
[Adresse complète]
[SIRET]
[Téléphone et e-mail]Solocal
[Adresse de résiliation indiquée à votre contrat]Lettre recommandée avec accusé de réception
Objet : résiliation du contrat n° [numéro de contrat]
Madame, Monsieur,
Par la présente, je vous informe de ma décision de résilier le contrat référencé ci-dessus, souscrit le [date de souscription] pour les prestations suivantes : [liste des prestations].
Cette résiliation prend effet à l'échéance du contrat, soit le [date d'échéance], conformément au préavis contractuel de [durée] que le présent courrier respecte.
Je vous demande de bien vouloir m'adresser une confirmation écrite de cette résiliation, ainsi que la date d'arrêt effectif des prestations et des prélèvements.
Je vous demande également de me communiquer les éléments nécessaires au transfert de mon nom de domaine [votre-domaine.fr], dont le code de transfert, ainsi que les modalités de récupération des adresses e-mail associées.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
[Date et signature]
L'avant-dernier paragraphe est le plus important de la lettre, et c'est celui que personne n'écrit. Il vous fera gagner des semaines.
Le piège du nom de domaine et des e-mails
Voilà le sujet pour lequel cet article existe, parce qu'il n'apparaît dans aucun des modèles de lettre qu'on trouve en ligne.
Quand un prestataire construit votre présence en ligne, il achète parfois le nom de domaine à son nom, pas au vôtre. Vous payez pour, vous l'utilisez tous les jours, mais au registre c'est lui le titulaire. Tant que le contrat tourne, personne ne s'en aperçoit.
Le jour où vous partez, trois choses arrivent en même temps :
- Le site s'éteint. Attendu, ce n'est pas le problème.
- Les adresses e-mail du domaine cessent de fonctionner. Celle qui est sur vos devis, vos factures, votre camion et vos cartes de visite. Les messages de vos clients partent dans le vide, sans rebond que vous puissiez voir.
- Le domaine reste chez le prestataire. Vous ne pouvez pas le réutiliser pour un nouveau site sans une démarche de transfert, qui suppose sa coopération.
Le coût réel n'est pas le prix du domaine, qui vaut une quinzaine d'euros par an. C'est le client qui vous écrit pendant six semaines sans obtenir de réponse, et qui finit par appeler le concurrent.
Comment savoir qui possède votre domaine
Cinq minutes, sans compétence technique.
Pour un domaine en .fr
Rendez-vous sur le service Whois de l'Afnic, l'organisme qui gère les .fr, et tapez votre domaine. La fiche indique le titulaire et le bureau d'enregistrement. Pour une entreprise, ces informations sont publiques.
Pour un .com, .net ou autre
Un service Whois public donne l'information, souvent masquée derrière un service d'anonymisation. Dans ce cas, la ligne qui compte est le bureau d'enregistrement : s'il correspond au prestataire et pas à un hébergeur que vous avez choisi vous-même, posez la question par écrit.
Ce qu'il faut lire
- Titulaire. Le nom de votre entreprise doit apparaître. Si c'est celui du prestataire, vous n'êtes pas propriétaire.
- Date d'expiration. Notez-la. Un domaine non renouvelé se libère, et n'importe qui peut le racheter.
- Serveurs de noms. Ils indiquent qui pilote techniquement le domaine, qui n'est pas forcément le même acteur que le titulaire.
Si vous découvrez que le domaine n'est pas à votre nom, demandez le changement de titulaire par écrit avant la fin du contrat, pendant que la relation commerciale existe encore. Une demande envoyée après la coupure met beaucoup plus longtemps à aboutir.
La checklist de ce qu'il faut récupérer
À faire pendant que tout fonctionne encore, pas la semaine de la coupure.
| Élément | Pourquoi | Comment |
|---|---|---|
| Nom de domaine | Sans lui, vos e-mails et votre référencement repartent de zéro | Changement de titulaire, puis code de transfert |
| Boîtes e-mail | Historique client, devis en cours, pièces jointes | Export local, puis bascule vers votre propre hébergeur |
| Fiche d'établissement Google | Elle porte vos avis, c'est votre actif le plus précieux | Vérifiez que vous en êtes propriétaire, pas seulement gestionnaire |
| Textes et photos | Repartir d'une page blanche coûte du temps | Copie du contenu, photos en pleine résolution |
| Statistiques | Savoir quelles pages fonctionnaient | Export Analytics et Search Console si les accès existent |
| Liste des adresses du site | Pour rediriger l'ancien vers le nouveau et garder vos positions | Copie du plan de site avant la coupure |
La fiche d'établissement mérite une vigilance particulière. Beaucoup de prestataires la créent pour leurs clients et en restent propriétaires, ce qui veut dire que vos avis, parfois des années d'avis, ne vous appartiennent pas. Notre guide de la fiche Google Business détaille la marche à suivre pour reprendre la main.
Le plan de site est le point le plus souvent oublié. Une fois le site éteint, la liste de vos anciennes adresses disparaît, et avec elle la possibilité de rediriger proprement vers le nouveau site. Capturez-la au début de la démarche, pas à la fin.
Ce que coûte la reprise en main
Beaucoup d'entreprises restent chez leur prestataire parce qu'elles pensent que sortir coûte cher. Mettons des chiffres.
Un abonnement de présence en ligne se situe couramment entre 100 et 400 euros par mois selon les options. Sur vingt-quatre mois, cela représente entre 2 400 et 9 600 euros, pour un site qui ne vous appartient pas et qui s'éteint le jour où vous cessez de payer.
En face, un site vitrine dont vous êtes propriétaire tourne autour de 1 500 euros hors taxes, auxquels s'ajoutent l'hébergement et le nom de domaine, quelques dizaines d'euros par an, plus une maintenance si vous en voulez une. Nous détaillons les fourchettes réelles dans notre article sur le prix d'un site internet et dans celui sur le prix de la maintenance.
La différence de fond n'est pas le montant, c'est la propriété. Dans un cas vous louez une vitrine qu'on peut fermer, dans l'autre vous possédez un actif qui reste le vôtre même en changeant de prestataire. Nous avions déjà creusé cette mécanique dans notre analyse des contrats de location de site internet, et le raisonnement vaut pour tous les abonnements du même type.
Si vous êtes dans cette situation et que vous voulez une lecture claire de votre contrat avant d'écrire quoi que ce soit, écrivez-nous. On regarde qui détient votre domaine, ce qui est récupérable, et ce que la sortie implique concrètement. Pour une idée du budget de la suite, la page création de site détaille ce que nous faisons.
FAQ
Quel est le préavis pour résilier un contrat Solocal ?
Le préavis le plus souvent appliqué est de quatre mois avant la date anniversaire du contrat, mais il dépend de l'offre et de l'année de signature. La seule source fiable reste l'article consacré à la résiliation dans vos conditions générales. En cas de doute, demandez une copie du contrat par écrit au service client.
Peut-on résilier un contrat Solocal avant son terme ?
Une résiliation anticipée sort du cadre normal du contrat et suppose un motif : manquement du prestataire, prestation non conforme à ce qui a été vendu, vice du consentement lors de la signature. Ce sont des situations qui se plaident, pas des cases à cocher. Faites analyser votre dossier par un avocat plutôt que d'arrêter unilatéralement vos prélèvements, ce qui vous mettrait en tort.
Est-ce que je perds ma fiche Google en résiliant ?
Pas nécessairement, mais vérifiez qui en est propriétaire avant de partir. Si le prestataire a créé la fiche et en détient la propriété, vous risquez de perdre l'accès, et donc les avis accumulés. Une fiche se récupère, la démarche prend simplement du temps, ce qui est une raison de plus de la lancer avant la coupure.
Est-ce que je peux garder mon nom de domaine ?
Oui, à condition d'être titulaire ou de le redevenir. Vérifiez le titulaire sur le Whois, demandez le cas échéant un changement de titulaire par écrit, puis récupérez le code de transfert pour déplacer le domaine chez le bureau d'enregistrement de votre choix. Faites-le pendant que le contrat court encore.
Que deviennent mes adresses e-mail après la résiliation ?
Elles cessent de fonctionner en même temps que le service, sauf si vous avez transféré le domaine et recréé les boîtes ailleurs avant la coupure. Exportez vos messages en local avant l'échéance et prévoyez la bascule quelques semaines à l'avance : c'est la partie de la migration où l'on perd le plus de choses, et la seule qui soit irrattrapable.
Combien de temps prend une sortie complète ?
Comptez le préavis contractuel pour la partie administrative, et deux à quatre semaines de travail effectif pour la partie technique : transfert du domaine, migration des e-mails, nouveau site, redirection des anciennes adresses. Les deux se mènent en parallèle, ce qui suppose de commencer le chantier technique avant la fin du préavis, pas après.
